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Les forêts

Des milieux artificialisés à l’exclusion des forêts alluviales décrites dans la partie «vallée alluviale»

 

  1. Qu'est-ce qu'on appelle "forêt" ?
  2. Les forêts, source de biodiversité ?
  3. Les habitats patrimoniaux forestiers et leur répartition potentielle en région Centre

Illustration Thierry Cardinet

1. Qu'est-ce qu'on appelle "forêt" ? 

La forêt est un milieu naturel bien connu des promeneurs. Offrant des visages variés, parfois impénétrable, parfois parcourue de larges chemins et aménagée, elle est loin, comme de nombreux milieux dits naturels, d’être spontanée. C’est que les forêts primaires, où l’homme n’aurait encore jamais mis le pied, ne sont plus qu’un lointain souvenir. Nos forêts ont été parcourues en long, en large et en travers et défrichées à l’époque où l’homme s’est mis à pratiquer l’élevage et à exploiter le bois pour ses constructions. Les forêts d’aujourd’hui sont donc reconstituées et résultent d’une gestion née dès le XIVè siècle, en réponse à une surexploitation menaçant la France d’une pénurie de bois.

Mais qu’est-ce qu’une forêt ? C’est une étendue relativement dense, composée d’arbres d’une même ou de plusieurs essences, que complètent des espèces associées.

En région Centre, les feuillus* dominent. Le chêne pédonculé est l’essence la plus représentée. On le trouve souvent en compagnie d’autres espèces d’arbres avec lesquelles il constitue des habitats plus ou moins répandus.

Chênes et hêtres forment ainsi une « chênaie-hêtraie » dite acidiphile parce qu’elle se développe préférentiellement sur les sols acides, comme  dans le Perche et le Pays fort.

D’autres alliances forment des chênaies-charmaies (avec le charme) ou chênaies-frênaies (avec le frêne), installés sur des sols profonds et frais, comme en forêt domaniale d’Orléans (35 000 hectares), de Chinon ou de Blois, en forêt de Montargis, en Gâtine tourangelle, dans le Perche et le long de certaines vallées comme celle de la Loire ou de la Creuse...

Les boisements dits de ravins, composés le plus souvent de tilleuls, d’érables qu’accompagnent de très nombreuses fougères, sont comme leur nom l’indique, installés sur les pentes plutôt exposées au nord. Ils sont assez rares et se rencontrent en vallée du Loir ou de la Creuse et en forêt de Chinon.

Entre ces principaux habitats forestiers existent de très nombreuses variantes, déterminées par les caractéristiques du sol (acidité, humidité…), la topographie et le climat, avec par exemple des forêts humides à sphaignes (on se rapproche des milieux tourbeux), ou encore des hêtraies-chênaies xérocalcicoles, sur sols calcaires et secs.

Le peuplier cultivé et les pins sylvestre et maritime sont également bien présents sur la région mais constitue des habitats nettement moins intéressants d’un point de vue écologique. Ils constituent généralement des boisements plantés, dits monospécifiques*, très homogènes, et offrant peu de places à la biodiversité.

Les forêts sont appelées différemment selon leur surface : de 5 à 50 ares, on parle de bosquet, de 50 ares à 4 hectares de boqueteau et au dessus de 4 hectares de bois.

Malgré de fortes disparités entre les départements*, la région est bien pourvue en termes d’espaces boisés qui couvrent près de 950 000 ha soit 24% de sa surface totale.

*L’Eure-et-Loir, avec ses 76 000 hectares, est nettement moins boisé que les autres départements. C’est le Loir-et-Cher, suivi de près par le Loiret, qui est le département le plus boisé avec respectivement plus de 200 000 hectares et près de 180 000 hectares.

Source : IFEN

2. Les forêts, source de biodiversité ?

Derrière l’aspect homogène des forêts se cachent de nombreuses richesses. La forêt est en effet multiple : lisières, clairières, chemins, fossés, zones humides, sous-bois et peuplements de différents âges et hauteurs sont autant de sources de diversité.

Certaines essences sont à elles seules des vrais supports de vie : un chêne peut en effet accueillir de nombreux insectes sur ou sous son écorce, des champignons sur ses racines, des mousses sur son tronc, des oiseaux dans ses branches…

Le sous-bois accueille selon le sol et l’éclairage qui y parvient des plantes variées : Jacinthe des bois sous les chênaies-charmaies, fougères et champignons très divers sous les chênaies… Les arbres morts pourrissant au sol sont très favorables à la présence d’insectes qui se nourrissent de bois, tels que la Rosalie des alpes, longicorne lié aux hêtraies collinéennes.

Certaines espèces ne vivent qu’en milieu forestier comme l’Epipactis pourpre, orchidée des endroits sombres des bois frais ou encore le Pic cendré, oiseau dont la présence est limitéé à quelques grands massifs forestiers de la région.

De nombreux oiseaux ont besoin de boisements pour nicher : le célèbre Balbuzard pêcheur trouve ainsi en forêt d’Orléans les conditions propices à l’installation de son nid, non loin de la Loire, site de pêche de prédilection.

La richesse biologique va dépendre des essences et de la gestion du boisement. Les secteurs peuplés d’une seule essence entretenue de manière homogène seront les moins riches. A l’inverse, les secteurs composés de plusieurs essences et gérées de façon différenciée* (taillis  secteurs de bois mort, clairières…) permettront à des espèces animales diverses de s’installer.

L’intérêt des forêts est encore plus large : depuis leur capacité à stocker du carbone, les propriétés du sol, des mousses et lichens en termes de capture des polluants contenus dans l’eau ou dans l’atmosphère jusqu’à la protection des sols maintenus par les racines.

Elles sont aussi essentielles comme corridors écologiques offrant aux espèces des abris et des espaces de circulation. Dans des secteurs très cultivés, comme en Beauce, ce rôle est fondamental et les boisements constituent plus globalement des refuges pour la faune.

3. Les habitats patrimoniaux forestiers et leur répartition potentielle en région Centre

Les différents habitats patrimoniaux forestiers

Les milieux forestiers patrimoniaux hors complexes alluviaux sont de trois grands types : les forêts fraîches, les forêts sèches sur sols acides et les forêts sèches sur sols calcaires. La forêt sèche sur sols calcaires, constituée exclusivement de chênes pubescents sur sols superficiels très secs, est extrêmement rare en région et uniquement présente en de rares vallées, notamment dans le sud de la région (Creuse, Cher, Claise). Celle-ci n’est pas représentée ici car très peu d’espèces sont caractéristiques de ce seul milieu (la strate herbacée est composée d‘espèces des pelouses et des ourlets secs des sols calcaires).

Les forêts acides sont très communes en région Centre et la grande majorité est représentée par les « chênaies sessilliflores ». Les forêts à Chêne tauzin, les chênaies à Molinie bleue et les Hêtraies à Houx constituent les types de forêts acides patrimoniales mais, du fait de cortège caractéristique trop pauvre, l’analyse cartographique par potentialité ne fonctionne pas.

La dernière déclinaison est en revanche représentable en termes de potentialité.

Il s’agit de boisements sur des sols calcaires à légèrement acides bien drainés. Ils sont liés aux plateaux à sols profonds ou aux versants de vallons frais. Les chênaies-charmaies fraîches présentent une strate herbacée généralement bien diversifiée et sont considérées comme patrimoniales lorsqu’elles sont riches en espèces à bulbes (ou géophytes) fleurissant au printemps (plantes dites vernales), comme l’Isopyre faux-pigamon (Thalictrella thalictroides) ou la Corydale solide (Corydalis solida). Les forêts de ravin, quant à elles, bien que peu typées en raison d’une topographie régionale peu propice, se caractérisent par une strate herbacée dominée par certaines fougères (Scolopendre, polystics…). Elles se distinguent des boisements précédents à l’aide de critères physionomiques (versants à fortes pentes, sols instables…) et par l’absence de certaines essences d’arbres ne supportant pas les sols même faiblement instables (chênes, Charme, Hêtre…). Ce sont des boisements rares et menacés en région Centre.

Répartition potentielle des forêts fraîches patrimoniales en région Centre

Voir la méthode de réalisation des cartes

Répartition potentielle des fôrets fraîches patrimoniales en région Centre

Les forêts fraîches sont assez bien réparties sur la région avec des zones d’occurrence plus forte au niveau des coteaux boisés de la Creuse, dans le Perche, la vallée du Loir, le Pays-Fort, le Chinonais et dans le val de Loire en Touraine.

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Le 5 décembre 2017, le pôle Gestion des milieux naturels a organisé, à Orléans, un événement sur le thème de l’entretien des milieux ouverts qu’ils soient humides ou secs.

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