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Les grottes ou cavités

  1. Qu’est ce qu’une grotte ou une cavité ?

  2. La biodiversité du monde souterrain

  3. Le monde souterrain, un domaine pas si inaccessible aux activités humaines

1. Qu’est ce qu’une grotte ou une cavité ?

Les grottes, avens ou abîmes sont des cavités souterraines d’origine naturelle. Elles sont le résultat d’infiltrations d’eau qui au fil du temps ont creusé la roche tendre, souvent calcaire, et formés ainsi des cavités de tailles et profondeur diverses. Les grottes sont donc essentiellement présentes en domaine calcaire et peuvent former de vastes réseaux reliés les uns aux autres.

Cependant, l’action de l’Homme contribue aussi à créer des cavités dans lesquelles on peut retrouver les mêmes conditions de milieux et espèces. C'est notamment le cas en région Centre.
Les cavités crées par l’Homme ont des origines et des usages divers et très variés.

Les carrières souterraines et mines ont été creusées pour l’exploitation de minerai en profondeur. Elles possèdent des zones d’accès qui peuvent être horizontales (tunnel) ou verticales (puits équipés d’ascenseurs) et peuvent être creusées à des très grandes profondeurs selon les gisements exploités. Outre leurs accès principaux, des zones d’effondrements peuvent se créer en surface et diversifier ainsi les voies par lesquelles les espèces qui colonisent ces milieux peuvent entrer et sortir.

L’homme a par ailleurs creusé de nombreuses cavités artificielles pour des besoins de stockage (vins, aliments, armement...), de production d’aliments (champignonnières), de sécurité ou d’habitation (habitats troglodytiques). Ces « caves » sont plus souvent caractérisées par leurs modes d’utilisation que recensées comme des cavités en tant que telles. Cela étant, elles constituent fréquemment des habitats de substitution pour de nombreuses espèces liées aux cavernes (dites cavernicoles).

En région Centre, les réseaux de grottes naturelles sont majoritairement situés dans le sud – ouest des départements de l’Indre et de l’Indre-et-Loire. La Vallée de la Creuse est particulièrement riche en cavités situées dans les falaises qui la surplombent. L’un des réseaux les plus célèbres est celui de la grotte Chabot.

Riche et féconde d’une activité humaine importante, la région Centre jouit de multiples cavités artificielles que l’Homme a édifié en fonction de ses besoins. A proximité de Bourges, les carrières souterraines ont servi à édifier la cité depuis l’époque Gallo-romaine. En bord de Loire, entre Orléans et Beaugency, un ensemble de tunnels et caves ont servi, notamment, la florissante activité vinaigrière. La Touraine possède une multiplicité de maisons et habitats troglodytiques creusés à même le tufeau tendre. En Eure-et-Loir, la Grotte du Foulon près de Châteaudun est une cavité naturelle réaménagée par l’Homme et plus à l’Ouest, le Perche dispose de quelques cavités intéressantes. 

 

2. La biodiversité du monde souterrain

L’installation des organismes vivants qui constituent la faune et la flore des cavités souterraines ne relève en rien des effets du hasard. Ce sont les contraintes écologiques propres à ces milieux particuliers qui fixent les règles. 
L’une des premières contraintes est la lumière. Celle-ci décroît jusqu’à disparition complète au plus profond de la grotte.
La seconde contrainte est la température. Elle est encore soumise aux influences extérieures près de l’entrée pour s’avérer complètement stable là où règne l’obscurité (en moyenne 10°). 
Le taux d’humidité est aussi un facteur important et il peut être très élevé en profondeur. D’une manière générale, l’eau, qu’elle s’y écoule ou qu’elle y stagne, joue un rôle important dans le fonctionnement du milieu souterrain.
A de rares exceptions près, les espèces liées aux grottes dépendent des apports extérieurs pour leur nourriture. Plus nombreuses seront les ouvertures qui y mènent, plus nombreuses seront les espèces et communautés d’espèces qui s’installeront dans celles-ci.

De ce fait, les espèces s’installent en suivant cette continuité qui va de l’entrée vers les profondeurs. Elles sont de moins en moins nombreuses et de plus en plus spécialisées au fur et à mesure que l’influence de l’extérieur diminue. Les espèces peuvent être classées selon trois catégories :

  • les premières vivent dans les grottes de manière temporaire sur seulement une partie de leur cycle vital,
  • les secondes sont liées aux grottes de façon permanente mais se rencontrent aussi dans d’autres milieux qui correspondent à leurs besoins,
  • les troisièmes, les plus particulières, sont celles qui ne vivent que dans le monde souterrain. 

La flore spécifique, composée d’algues, de mousses, de lichens et de fougères, disparaît progressivement au fur et à mesure que la lumière s’amenuise. Localement, une très mince couche de bactéries peut recouvrir les parois et sert de principale source d’alimentation à des invertébrés. 
La biodiversité animale des grottes tient essentiellement aux populations d’invertébrés. Les crustacés sont les espèces les plus nombreuses dans les zones d’eau stagnantes ou d’écoulement. Sur les parties terrestres, ce sont surtout les coléoptères qui forment le gros des populations d’insectes. Certaines de ces espèces ont développé de véritables adaptations qui se traduisent par une perte totale de la pigmentation et du sens de la vue. Cette dernière est largement compensée par le surdéveloppement des autres sens.
Les vertébrés sont beaucoup plus rares. Il n’existe, en Europe, qu’un seul vertébré strictement lié aux grottes : le Protèle (Slovénie, Croatie...). Les espèces les plus connues sont les chauves-souris. Celles-ci ne peuvent pas être considérées comme strictement liées au grottes car elles ont besoin de territoires de chasses extérieurs pour se nourrir. Cela étant, les grottes sont leurs principaux milieux de reproduction et de repos en période hivernale.

La région Centre possède 24 espèces de chauves-souris. Certaines sont très communes alors que d’autres sont encore mal connues. En hiver, ce sont le Cher et l’Indre qui accueillent plus de 68% de la population hivernante de la région. Certains sites sont très fréquentées et revêtent une importance capitale pour l’accueil hivernal mais aussi la reproduction de quelques espèces rares. Le Murin à oreilles échancrées, par exemple, peut comptabiliser près de 4 000 individus recensés en hivernage sur le seul département du Cher. L’Indre accueille jusque 350 individus de Rhynolophe euryale qui est une espèce quasi menacée à l’échelle mondiale.

3. Le monde souterrain, un domaine pas si inaccessible aux activités humaines

D’une manière générale, les équilibres biologiques propres aux grottes et cavités sont très fragiles et les espèces particulières qui y vivent sont très sensibles aux moindres changements de leur domaine de vie.

L’eau joue un rôle important dans les milieux souterrains et la qualité comme la quantité de la ressource en eau sont très dépendantes de l’action de l’homme. Les pollutions des eaux de surfaces peuvent atteindre très rapidement, en fonction des capacités d’infiltrations propres aux sols, les zones souterraines et polluer durablement les nappes, lacs, mares et rivières situées sous la surface du sol. Les espèces qui y vivent sont alors irrémédiablement perdues car, constituant des populations particulières et isolées, elles n’ont aucune capacité de se renouveler par des apports extérieurs.

 L’aménagement des gouffres et avens en vue de l’accueil de visiteurs souhaitant découvrir les richesses géologiques et archéologiques exceptionnelles constitue un facteur perturbateur qui se caractérise principalement par l’introduction d’une pollution lumineuse dans des endroits normalement exempts de toute luminosité.

La spéléologie constitue une autre forme d’intrusion et donc de perturbation potentielle du milieu souterrain. Ce loisir implique cependant une excellente connaissance de ce domaine afin d’y évoluer en toute sécurité. L’impact potentiel principal porte sur les populations hivernantes ou reproductrices de chauves-souris. En effet, celles-ci sont sensibles aux dérangements, surtout en hiver où le moindre mouvement implique une dépense énergétique importante difficile à recouvrer. Très souvent, les spéléologues sont des acteurs de la protection du milieu souterrain et sont impliqués dans sa connaissance et de nombreux inventaires.

Enfin, l’ouverture de carrières, le creusement ou l’aménagement de grottes sont d’autres sources de destruction de ces habitats.

Chauves souris monde souterain

Au-delà des menaces qui pèsent sur les milieux, il est intéressant de s’attacher aussi à décrire plus particulièrement les menaces qui pèsent sur les chauves-souris.

Les chauves-souris sont des espèces méconnues, décriées dans l’imaginaire collectif, et globalement très menacées. 

Les paragraphes précédents évoquent la destruction des cavités souterraines mais certaines chauves-souris vivent derrière des volets, dans les fissures de vieux murs ou dans des charpentes. Les colonies en sont parfois détruites par les propriétaires des lieux, très souvent par méconnaissance, lors de travaux d’aménagement ou d’entretien alors que quelques aménagements simples permettraient de les préserver.

Les terrains de chasse des chauves-souris sont eux aussi menacés. Ces menaces découlent essentiellement de l’aménagement du territoire et des pratiques agricoles (destruction des haies, utilisation de traitements pesticides...) qui ont causé la raréfaction de ses principales sources de nourritures : les insectes. 

Les chauves-souris sont encore très souvent victimes d’une mauvaise réputation profondément ancrée dans l’imaginaire collectif. Et il n’est pas rare de constater encore des actes de vandalisme et de destruction volontaire de colonies de plusieurs dizaines d’individus.

Photo Serge Gressette

En savoir plus

DREAL Centre : http://www.centre.developpement-durable.gouv.fr/les-chauves-souris-protegees-en-a150.html
Muséum de Bourges : http://www.museum-bourges.net/
http://www.bdcavite.net/

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