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Les carrières

  1. Qu’est-ce qu’une carrière ?

  2. Carrière et biodiversité

  3. Impact sur l’environnement

  4. Les carrières, un compromis entre économie et nature

1. Qu’est-ce qu’une carrière ?

Les besoins en matériaux de construction sont nombreux. Pour y répondre, l’homme puise depuis très longtemps dans son environnement et plus particulièrement dans le sous-sol.
C’est ainsi qu’ont vu le jour différents types de carrières dites d’extraction de ressources minérales. Toutes visent à extraire des matériaux sableux ou granulats, calcaires, argileux ou encore éruptifs, selon la géologie du lieu où est implantée la carrière.
Ces matières premières sont ensuite utilisées dans différents secteurs industriels ou artisanaux : production de ciment, de briques ou encore de tuiles, bâtiments, travaux publics, voiries…

On trouve deux grands types de carrières : les carrières alluvionnaires (roche meuble) et les carrières de roche massive. Les premières sont installées dans les lits majeurs des cours d’eau ou sur leurs terrasses et les secondes sur de plaine ou des zones plus vallonnées. Dans le premier cas, on a plus communément l’habitude de parler de sablière surtout lorsque les « trous » ainsi crées se remplissent d’eau.

La région Centre compte près de 250 carrières en majorité alluvionnaires, formant des granulats pour la production de béton et de mortiers hydrauliques, et calcaires pour l’industrie (enrobés, empierrements de chemins...) et la voirie. Les exploitants peuvent aussi bien être des grands groupes économiques d’envergure mondiale comme de petites sociétés familiales.

2. Carrière et biodiversité

A leur création, les carrières ont un impact destructeur puisqu’elles modifient profondément le milieu. Cela étant, elles contribuent néanmoins à créer des milieux bien particuliers, souvent pionniers et originaux : fronts de taille, falaises calcaires, falaises de sables, bassins, zones de remblais…

Dans les carrières en roche massive, c’est la juxtaposition de milieux divers qui crée ainsi les conditions favorables à l’accueil des espèces animales et végétales dont certaines sont parfois rares. 
Les carreaux, ou planchers de la carrière, sont des zones de fortes contraintes. En domaine calcaire, ce sont des secteurs extrêmement secs et chauds sur lesquels poussent souvent des orpins et où vivent des criquets très adaptés comme les oedipodes. Lorsque le sol est moins drainant, des mares temporaires peuvent se former sur les carreaux et accueillir ainsi des espèces comme le Crapaud calamite.
Les fronts de taille, selon leur hauteur, sont tout particulièrement intéressants pour les espèces d’oiseaux qualifiées de rupicoles. La plus emblématique est le Grand duc d'Europe (hibou) mais le Faucon crécerelle est un hôte beaucoup plus courant des fronts de taille.
La terre qui n’est pas commercialisée est souvent utilisée en remblais qui ceinturent la carrière. Ces zones sont progressivement colonisées par une mosaïque de végétation herbacée et de buissons qui servent d’abri et de couloir de circulation à nombre d’espèces d’oiseaux, de petits mammifères ou d’insectes.

En zone alluvionnaire, les vastes excavations créées par les carrières constituent très souvent des zones humides intéressantes pour la biodiversité. Il est néanmoins nécessaire pour cela que l’aménagement intègre quelques principes fondamentaux. Ainsi, la qualité de la remise en état après l’exploitation va être déterminante pour la biodiversité : berges en pentes douces, îlots pour les carrières en lit majeur par exemple. En effet, plus que l’eau libre, ce sont les zones aquatiques peu profondes des berges qui sont les plus intéressantes. La transition progressive qui s’effectue depuis les ceintures de végétations inondées jusqu’aux pelouses et friches herbeuses sèches des berges en passant par les roselières, parfois vastes, favorise très largement la présence de nombreuses espèces.
Les zones d’eau libre sont plus souvent des aires d’accueil pour les oiseaux migrateurs ou hivernants, canards notamment.
Lorsque des petits fronts de taille subsistent, ils accueillent souvent des colonies d’Hirondelles de rivage et le Martin pêcheur.

3. Impact sur l’environnement

Les carrières sont fondamentales pour l’activité du BTP mais ont, outre la destruction de milieux naturels ou agricoles, de nombreux impacts sur l’environnement. C’est pourquoi, elles font l’objet d’une réglementation contraignante qui vise à en réduire la portée. 

En premier lieu, une excavation peut créer des perturbations des nappes phréatiques et assécher ainsi les cours d’eau ou les puits d’alimentation en eau qui lui sont liés. En zone alluviale, elles induisent des modifications profondes du fonctionnement dynamique des cours d’eaux. A titre d’exemple, le prélèvement de sable crée un déficit d’alluvions qui est à l’origine de l’enfoncement du lit de nombreux cours d’eau. L'exemple de la Loire est très parlant : avec près de 12 millions de tonnes de granulats prélevés chaque année entre 1950 et 1980, elle s’est enfoncée d’une profondeur allant de 1 à 2,50 mètres selon les lieux.
Les zones humides associées aux cours d’eau ont de même subi les conséquence de ces modifications (assèchement etc..).

En zone alluviale, c’est un arrêté du 22 septembre 1994 qui a définitivement consacré l’arrêt des extractions dans le lit mineur des cours d’eaux. Après ce premier pas, l'Etat et l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM), syndicat professionnel des carriers de la région Centre, ont signé en 1996 un accord de limitation des exploitations en lit majeur, régulièrement reconduit. 
Les extractions dans le lit majeur des cours d'eau décroissent régulièrement. Le volume des matériaux issus du lit majeur n'a cessé de diminuer entre 1999 et 2008 : une réduction de 36 % de ces extractions est constatée sur cette période. En région Centre, 59 carrières sont actuellement concernées par ce protocole.

4. Les carrières, un compromis entre économie et nature

Une carrière reste une perturbation d’un environnement initial et la création d’un nouvel environnement. Par conséquent, leur installation comme leur exploitation et remise en état sont donc très réglementées. Elles relèvent du Livre V du Code de l’Environnement (prévention des pollutions, des risques et des nuisances) et plus précisément du titre I relatif aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement.

Au niveau individuel, l’ouverture d’une carrière nécessite, et ce depuis la Loi relative à la protection de la Nature de 1976, la réalisation d'une étude d'impact sur l’environnement qui doit être validée par le Préfet. Ces études incluent une analyse de territoire (milieu physique, biologique et humain) et évaluent les impacts la faune, la flore, les milieux mais aussi sur l’environnement au sens large (bruits, fumées etc..) ou le paysage de l’ouverture à l’arrêt d’exploitation. Elles doivent étudier et proposer des solutions en vue de diminuer ces impacts. Les solutions incluent l’application de mesures compensatoires au regard des pertes subies par les milieux et les espèces. Cette étude prévoit aussi de quelle façon le site sera remis en état à la fin de son exploitation : étang de pêche, base de loisirs ou espace naturel. La mise en activité des carrières est subordonnée à l’existence de garanties financières permettant d’assurer la garantie de bonne fin des réaménagements prévus (arrêté du 24/12/2009 relatif à la détermination du montant des garanties financières de remise en état des carrières).  Lors de la cessation de son activité, l’exploitant doit suivre les préconisations de l’étude d’impact. 

C’est donc au moment de la définition des conditions de remise en état qu’il est important d’intervenir pour la carrière qui sera réaménagée puisse constituer un espace favorable au développement d’une biodiversité importante. La profession, à travers l’UNICEM, a engagé de nombreuses démarches, comme la Charte Environnement, en vue de mieux intégrer la biodiversité dans ses préoccupations. Des exploitants de granulats travaillent souvent dès l’amont, lors de la définition des travaux de remise en état, en concertation avec des associations de protection de la nature. Après réaménagement, certains exploitants confient la gestion conservatoire des sites à des gestionnaires d’espaces naturels. 

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