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Cultures, gâtines et bocages

  1. Cultures, gâtines et bocages, des milieux étroitement liés à l'homme

  2. Quelle place pour la biodiversité ?

  3. Des menaces liées à l’intensification

1. Cultures, gâtines et bocages, des milieux étroitement liés à l'homme

Illustration Thierry Cardinet.

La région Centre est une région agricole et est notamment la première région d’Europe en termes de production céréalière.
La plaine de Beauce et la Champagne berrichonne illustrent par leurs immenses paysages peu vallonnés cette activité. 
En termes biologiques, ces zones cultivées sont caractérisées par la mise en culture, sur de grandes surfaces de semences d’une même espèce (en majorité oléo-protéagineux) : blé, orge, maïs, tournesol, colza....
Le sol est travaillé de façon à n’accueillir qu’une seule espèce et optimiser sa production.
Ce qu’on appelle les gâtines, comme les Gâtine tourangelle, Gâtinais, Perche, Puisaye et Boischaut…, sont également des zones cultivées, au relief légèrement plus marqué, accueillant quelques prairies, haies et zones boisées.
Le bocage est encore plus diversifié, sur un relief fait de collines et de petites vallées : il se constitue d’une alternance de prairies humides, souvent consacrées à l’élevage, entrecoupées d’un maillage plus ou moins dense de haies, ponctuées de mares ou proches d’un cours d’eau. 
En région Centre, les zones de bocage, aux formes diverses et souvent de taille réduite, sont réparties comme suit :

  • dans le Perche pour l’Eure-et-Loir,
  • en Gâtine tourangelle, dans le Véron, pour la Touraine,
  • dans le Boischaut sud, la marche berrichonne et le Pays fort, pour le Cher et l’Indre,
  • dans la Puisaye pour le Loiret.

Le bocage n’est néanmoins pas uniforme et diffère selon son origine (défrichement, plantation, mixte), les essences qui le constituent et les modes de gestion associés.

 

Le bocage du Véron en Touraine                                  un arbre taillé en têtard

Le bocage du Véron en Touraine et un arbre taillé en têtard
Photos : Cen Centre/Isabelle Gravrand

2. Quelle place pour la biodiversité ?

Ces secteurs ont fortement marqué les paysages régionaux : champagnes, gâtines, bocages, prairies sont des termes plus communs que pelouses sèches, forêt alluviale… 
Ce sont aussi des lieux consacrés à la promenade et à la chasse. La faune sauvage y est bien présente avec ses lièvres, chevreuils et rongeurs de tout poil.
Cette faune attire les oiseaux de proie qui survolent les cultures et prairies à la recherche de petits rongeurs ou de reptiles. Le busard cendré fréquente les champs de blé ou de colza, la structure de la végétation étant assez proche de ses milieux de reproduction aujourd’hui plus rares (zones de marais).

Les zones cultivées, quand elles sont gérées de façon adaptée, sont également les lieux de vie de plantes dites messicoles dont la plus célèbre est le coquelicot, qui affectionne les sols travaillés par l’homme. Mais on rencontre également le Bleuet, la Nielle des blés...
La micro-faune du sol, composée de micro-organismes divers souvent mal connus et peu pris en compte, est pourtant essentielle pour des sols vivants.  Elle joue un rôle incontournable dans la chaine alimentaire.  Elle aère le sol et le décompose.

La présence d’une continuité de haies, formant des corridors écologiques, ou de zones boisées au sein des cultures, constitue des éléments essentiels pour la biodiversité : zones de refuge, zones de nidification, zones d’alimentation (baies des haies buissonnières).
Les espaces en jachère, plus rares depuis les récentes évolutions de la Politique agricole commune (PAC), ou les zones de végétation herbeuse rase, accueillent l’Oedicnème criard ou encore le Busard Saint-Martin.
Le Vanneau huppé, au chant stridulé, est un familier des labours qu'il utilise comme lieu de nidification. On le voit régulièrement parader au dessus des labours. D'autre part, l’Alouette des champs, bien qu'’en régression, caractérise les grandes zones de plaine.
Le bocage accueille sur les vieux arbres, des insectes remarquables comme le Grand capricorne, le pique-prune, lesquels sont des proies pour la Pie-grièche écorcheur, les chouettes et autres rapaces…

3. Des menaces liées à l’intensification

L’agriculture et l’élevage sont indispensables et constituent des secteurs économiques importants. Si les pratiques extensives restent compatibles avec une certaine biodiversité, la pression exercée sur la production agricole après guerre et dans les années 1960 a induit des pratiques intensives qui ont façonné le paysage agricole actuel.
La définition même des cultures, vastes ensembles bien souvent strictement monospécifiques, est en contradiction avec la présence d’autres espèces de plantes et d’animaux. 
Ce besoin logique de favoriser l’espèce cultivée, afin que la production soit bonne, s’accompagne d’une gestion qui, menée de façon intensive, peut être problématique et avoir des conséquences importantes : pollution des sols, de l’eau et de l’air, fragmentation des milieux naturels, impact sur la biodiversité.
Pour enrichir les sols et fournir aux plantes davantage d’éléments nutritifs (azotes, phosphates…), des engrais sont régulièrement apportés.
Pour protéger les plantes contre les ravageurs et les espèces concurrentes, des produits phytosanitaires sont apportés sur les cultures (insecticides, herbicides, fongicides).  Absorbés par le sol, lessivés par les eaux de pluie, ces produits peuvent se retrouver dans la rivière.

Le travail du sol et notamment les labours profonds et répétés nuisent à la présence des microorganismes et plus largement de la faune du sol, insectes, plantes, amphibiens, oiseaux...
L’augmentation de la productivité a également été synonyme d’arrachage des haies pour gagner de la surface, d’assèchement et de remise en culture des secteurs non exploités considérés comme « inutiles » : prairies, zones humides…

Pour les gâtines et les bocages, l’abandon et le manque d’entretien des haies nuit considérablement à la diversité des espèces présentes. Par exemple, le manque d’entretien des frênes têtards a des conséquences sur les populations de Chevêche d'Athéna (chouette).
La déprise agricole plus généralement est elle aussi bien souvent une menace  :  synonyme d’abandon des terres, elle se traduit par une homogénéisation des milieux aboutissant à un boisement.

Néanmoins, il n’est pas impossible d’y semer quelques graines de biodiversité ! L’essentiel est de laisser un peu de place et d’assurer une communication entre les milieux naturels et les zones cultivées.

Illustration Thierry Cardinet.

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